"Des p'tits trous, des p'tits trous, finis les p'tits trous"
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Avant
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Après
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A notre emménagement aux Chânières, le
moulin était pourvu, sous la corniche, d'une rangée de pigeonniers,
que le propriétaire de l'époque avait pris soin d'aménager lors de
la restauration du bâti, afin d'offrir un promontoire de choix aux
nombreux rapaces (chouettes, hibous, faucons, etc.) qui
fréquentaient les lieux.
Certes, ceux-ci abritaient aussi, régulièrement, des choucas des
tours, espèce moins désirable, bien que tout aussi protégée.
Ces détails architecturaux faisaient l'objet d'une protection dans
le règlement du PLU. Le permis de construire spécifiait clairement
que la façade du moulin resterait inchangée.
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C'est donc avec la plus grande des
surprises qu'au cours des travaux entrepris en 2017, par un beau
matin d'avril, en pleine période de nidification pour de nombreuses
espèces, nous constations avec dépit que ceux-ci avaient été
sauvagement rebouchés.
C'est la tendance du "zéro déchet" 🤔
"Zéro chiure de chouettes sur les
chapeaux chics.(*)"
C'est aussi avec une colère non dissimulée que j'ai observé les
couples d'adultes errer, des jours durant, collés à la paroi,
cherchant leurs nids et leurs petits.
(*) Logements destinés à une clientèle
de passage, dans le cadre d'hébergements touristiques,
ce qui n'était pas non plus spécifié dans le permis de construire.
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Toujours des histoires de trous, de ceux-là qui
jouent à cache-cache...
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| La façade originale est encore intacte dans sa partie
basse; son enduit à la chaux, d'époque napoléonnienne,
patiné par le temps, s'est enrichi de nuances dorées. Ses
trous de boulins étaient autant de possibles refuges pour
les chauve-souris habituées des lieux. |
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J'ai bien fait mes devoirs, tant et si bien que l'un de
ces fameux trous finit par attirer mon attention : camouflé
par des blocs de mousse, puis, par une grosse poutre,
celui-là tardait à être réparé, sans que nous n'en
comprenions la raison. |
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Puis, la lumière fut : une fenêtre était apparue
à sa
place. D'aucuns diront qu'elle est toute petite, qu'elle ne
dénature pas le bâtiment...
Quitte à me répéter, ce batiment était protégé, et le
constructeur n'avait aucune autorisation de travaux en
façade. |
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Et puis, tant qu'on y
est : "On entre comme dans un moulin" ...
Cette expression bien connue est dûe au fait qu'un moulin possède
deux portes. C'est l'une des particularités architecturales de ces
bâtiments.
Mais pourquoi donc ?
C'est afin que le meunier puisse entrer et sortir à tout instant, et
ceci, alors même que l'une des portes est condamnée par les ailes,
orientées en fonction du vent. |
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Celui des Chânières
ne faisait pas exception à la règle. Eh bien, cette ouverture eut
l'indélicatesse de contrarier l'entrepreneur, qui se garda bien de
demander une autorisation de la modifier.
A quoi bon, après tout : A Vairé, "chacun fait ce qu'il veut sur
sa parcelle !". |
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L'histoire de
celle-ci diffère un peu. Nous sommes en juin 2018, un arrêté
interruptif de travaux protège le site depuis juillet 2017.
Qu'à cela ne tienne : ceux-ci reprennent, et les entorses aux règles d'urbanisme aussi,
preuve en est, cette grande baie vitrée, en lieu et place d'une
simple fenêtre; bien cachée derrière, nous n'étions probablement pas
censés la voir, pas de chance... |
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...Constatée,
signalée en mairie, a-t-elle fait l'objet d'un PV ? Des mesures
ont-elles été prises pour dissuader l'entrepreneur de continuer ses
travaux dans l'attente du jugement administratif ?
Nous n'en savons rien. Toujours est-il qu'aujourd'hui, cette
anomalie gênante, argument de poids en appui de nos demandes
insistantes de pose de scellés, a simplement été "gommée", en toute
discrétion. |
Gros plan sur des détails architecturaux de la
grange (protégés par le règlement du PLU)
« La truelle compulsive a encore frappé »
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Avant
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Après
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| Ces fenestrons
faisaient également partie de son charme. Ils ont, de
plus, abrité au fil du temps de nombreuses nichées d'oiseaux. |
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Voilà ce qu'il sont
devenus aujourd'hui, et ce n'est qu'un exemple parmi tant d'autres. |
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La façade ouest de la
grange, pourvue de ses multiples "trous de boulins". C'était
comme si elle nous observait de ses yeux rieurs.
Outre le cachet particulier qu'ils apportaient à ces vieilles
batisses, ils jouaient également un rôle majeur pour la biodiversité
locale.
Plus d'infos sur : Les
vieilles pierres
A lire : La
disparition vertigineuse des hirondelles
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Une façade triste,
aveugle et plate, ou comment effacer des siècles d'histoire dans l'indifférence et la précipitation.
Un gâchis parfaitement inutile,
d'autant que nous avons tout fait pour l'éviter.
Toutes nos félicitations à l'équipe municipale en place pour son écoute et sa réactivité inégalables !
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Gros plan sur la charpente
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Gros plan sur le four à pain
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Nous avons eu l'honneur de
pouvoir admirer de près ce travail d'orfèvre, réalisé par l'ancien
propriétaire, auquel nous devons la restauration de toute la partie
supérieure du moulin, jusqu'au toit.
Je crains fort que cette merveille ne soit plus visible aujourd'hui,
et cela me brise le coeur.💔
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À gauche, c'est le four à pain en
cours de re-contruction, avant le projet de meublés de tourisme. On peut admirer la patience et le soin
apportés à cette réalisation, par un amoureux de la pierre et du
site, qu'il avait à coeur de valoriser sans lui porter atteinte. Les
joints sont quasi-invisibles, comme pour l'extérieur de bâtiment, où
il avait recherché une intégration parfaite, en usant du ciment avec
beaucoup de parcimonie.
Ce four à pain aura-t-il la chance de pouvoir fonctionner un
jour ?
C'est peu probable, vu qu'il a été condamné pour les besoins de l'usage locatif.
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Et l'ancienne cave, autrefois four à pain, si
on en parlait ?
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| La façade ouest du nouveau bâtiment
construit sur
les fondations de
l'ancienne cave, avant sa transformation. Si l'on peut arguer que
l'architecture n'était pas tout à fait conforme au style original, on
remarquera néammoins l'intégration parfaite de l'ensemble dans le
paysage rural. Pas de joints grossiers, juste un assemblage de
pierres soigneusement sélectionnées. Les linteaux sont en granit. |
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L'aspect rural a été remplaçé par un style moderne et sans cachet.
Encore une fois, c'est le
gris qui domine. Les linteaux en granit ont été détruits, remplacés par du coffrage béton.
Les pierres ont fait l'objet d'un grossier rejointoiement, faisant perdre à l'ensemble
cette subtile fusion avec le paysage environnant.
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Le patrimoine rural, en savoir plus : Maisons
Paysannes de France |
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