Entre sécheresses répétées, réserves souterraines au plus bas et
pollutions diverses,
la crise de l'eau est une menace bien réelle.
Elle se joue ici et maintenant, au cœur de nos
territoires.
Face à cette urgence climatique et environnementale,
les décisions municipales sont en première
ligne :
grâce à ses pouvoirs d'urbanisme, son
action réglementaire et la gestion de
son domaine public,
l'équipe municipale dispose de leviers d'action puissants et
immédiats pour agir à la source.
Si de premières actions concrètes ont déjà été engagées sur la
commune —
telles l'interdiction des produits phytosanitaires, le fauchage
raisonné, ou encore, tout récemment,
la végétalisation de la cour d'école —,
l'ampleur du défi impose aujourd'hui de changer d'échelle et
d'aller beaucoup plus loin.
Et si nous faisions de notre commune un territoire pilote,
reconnu pour son exemplarité et sa capacité à anticiper les
défis de demain ?
Planification urbaine et règles de construction (PLUi)
L'urbanisme est le levier le plus pérenne pour garantir
l'infiltration de l'eau et limiter l'imperméabilisation :
Imposer la désimperméabilisation :
Intégrer dans le Plan Local d'Urbanisme un coefficient de
biotope (ou de pleine terre) exigeant pour toute nouvelle
construction,
afin de préserver l'arène granitique qui joue le rôle
d'éponge naturelle.
Gestion des eaux pluviales à la
parcelle :
Privilégier la gestion des eaux de pluie sur place (noues
paysagères, toitures végétalisées, chaussées drainantes).
Sanctuariser les zones humides et les espaces non
urbanisés :
Appliquer un classement inconstructible strict (Zone N ou A)
aux zones humides,
aux champs d'expansion des crues,
aux périmètres de captage et à l'ensemble des espaces
actuellement non constructibles,
en refusant de les sacrifier au profit de projets
économiques ou touristiques. Garantir une application ferme
du principe de non-régression du droit de l'environnement
sur l'ensemble du territoire communal,
afin de ne jamais amoindrir le niveau de protection déjà
acquis.
Créer une OAP « Trame Bleue » :
Intégrer une Orientation d'Aménagement et de Programmation
spécifique obligeant la préservation des corridors
écologiques lors des projets d'aménagement.
Scot 2008 - Rapport de présentation - Carte
des enjeux environnementaux (Extrait)
⚠️ À
savoir : implantée sur un
socle de roche monzogranitique,
Vairé ne dispose pas de vaste nappe phréatique
souterraine.
L'eau de pluie y est retenue uniquement dans la
fine couche superficielle et circule à travers
les fissures de la roche.
Cette particularité géologique rend
notre territoire extrêmement
vulnérable et impose deux
priorités absolues :
Garantir une infiltration
maximale de l'eau à la
parcelle pour alimenter ces
réserves de surface,
Exercer une vigilance constante
via les pouvoirs de police de la
maire pour protéger
immédiatement nos cours d'eau et nos
eaux souterraines contre
toute pollution.
Pouvoirs de police du Maire et droit de l'environnement
Faire respecter les règlementations en vigueur est une priorité
absolue pour stopper les pollutions à la source :
À l'occasion de la réunion publique de campagne de l'équipe municipale actuelle
de Vairé,
nous avons interrogé la maire, par rapport
à une situation préoccupante pour les réserves d'eau souterraines,
dont nous avons eu connaissance lors d'investigations personnelles.
Il nous a été opposé un refus unanime de clarifier la situation.
Au vu des enjeux et des risques potentiels,
nous attendons des réponses précises et un engagement ferme pour
garantir la sécurité de la ressource en eau de la commune.
Chasse aux mauvais raccordements :
Renforcer les contrôles de conformité des réseaux
d'assainissement
(notamment lors des ventes immobilières) pour éliminer le
déversement d'eaux usées dans le milieu naturel.
Lutte contre les pollutions et rejets
illégaux :
Sanctionner fermement via la police du Maire les dépôts
sauvages et les rejets polluants
(gravats, produits chimiques, hydrocarbures), qui
s'infiltrent dans les sols, menacent directement
la qualité des eaux souterraines et polluent les cours d'eau
ainsi que les grilles d'eaux pluviales.
"Tolérance zéro" pour la fraude et les atteintes
pérennes au territoire :
Ne pas réduire la traque des incivilités aux seules
nuisances visibles et temporaires (déchets, déjections
canines, etc.),
mais cibler avec la même fermeté les infractions
silencieuses et durables —
constructions illégales, transformations sans autorisation
ou manœuvres trompeuses —
qui portent une atteinte irréversible à nos zones naturelles
et à nos ressources.
Respect des périmètres de captage :
Veiller au respect strict des interdictions de stockage ou
d'activités à risque dans les périmètres de protection des
sources d'eau potable.
Restauration des milieux aquatiques
Redonner à la nature ses fonctionnalités naturelles est
indispensable pour filtrer et stocker l'eau.
Restauration des zones humides :
Protéger et restaurer les zones humides pour maintenir leurs
fonctions d'uniques réservoirs de stockage naturel et de
filtres du territoire.
Renaturation des berges : Réaménager
les berges des cours d'eau pour favoriser l'auto-épuration
naturelle de l'eau.
Pression touristique rétro-littorale : réguler pour
préserver la ressource
Située à seulement 7 km de l'océan, notre commune rétro-littorale
subit de plein fouet le report de la fréquentation estivale.
La hausse brutale de la population en période d'étiage (au
moment où les réserves sont au plus bas) exerce une tension
d'autant plus critique que le territoire ne dispose pas de nappe
souterraine de secours :
Encadrement des résidences secondaires et meublés de
tourisme : Réguler le développement
anarchique de l'offre touristique afin de limiter le
surcroît de consommation d'eau potable et la saturation des
infrastructures en plein été.
Gestion stricte des équipements privatifs
consommateurs d'eau : Appliquer
rigoureusement les arrêtés de restriction d'eau (remplissage
des piscines, arrosage) et sensibiliser massivement les
hébergeurs touristiques.
Refus du mitage et des projets récréatifs
consommateurs : S'opposer aux aménagements
touristiques gourmands en eau ou destructeurs d'espaces
naturels en périphérie du bourg.
Sensibilisation aux installations à forte empreinte
eau :
Inviter les résidents et hébergeurs touristiques à une
réflexion responsable sur la multiplication des piscines
privées et jacuzzis, en valorisant les alternatives
éco-responsables (couvertures pour limiter l'évaporation,
gestion raisonnée de l'eau) afin de préserver la ressource
commune en période estivale.
Exemplarité des bâtiments publics, réseaux et espaces verts
Gestion différenciée et paillage :
En sus de l'interdiction des produits phytosanitaires sur le
domaine public, pailler les espaces verts et espacer les
tontes pour retenir l'humidité du sol.
Récupération des eaux de pluie :
Équiper les bâtiments publics (écoles, gymnases, mairie) de
citernes pour le nettoyage des espaces publics et
l'arrosage.
Lutte contre le gaspillage :
Équiper les sanitaires publics de réducteurs de débit et
réaliser des recherches de fuites régulières sur les réseaux
d'eau.
Accompagnement des habitants :
Informer et relayer l'aide financière proposée par
l'Agglomération pour l'achat de récupérateurs d'eau de pluie
(sous réserve du maintien du dispositif),
et organiser des actions de sensibilisation en milieu
scolaire.
Éclairage et trame noire (Protection des écosystèmes)
La pollution lumineuse nuit gravement au zooplancton et à la
biodiversité aquatique responsable de l'auto-épuration des
eaux :
Extinction nocturne ciblée : Couper
l'éclairage public aux heures de faible fréquentation (ex.
23h-5h), en priorité à proximité des cours d'eau et zones
humides.
Sensibilisation et encadrement des éclairages
individuels :
Informer les habitants sur les impacts de la pollution
lumineuse, et imposer aux particuliers la mise en conformité
de leurs installations (éclairage orienté vers le sol,
détecteurs de mouvement à déclenchement temporisé),
en particulier pour les habitations situées dans les écarts
et hameaux isolés.
Focus sur les gouttières
L'installation systématique de gouttières pose un réel problème
environnemental :
en collectant brutalement l'eau de pluie pour l'expulser hors
des parcelles,
elle accélère le ruissellement et prive le sol de son
infiltration directe.
Sur notre socle de monzogranite, ce réseau d'évacuation
artificiel empêche le réapprovisionnement de l'arène granitique
et accentue le dessèchement de nos sols.
Accessoirement, ces gouttières viennent aussi dénaturer le
patrimoine architectural ancien en masquant des éléments
traditionnels comme les génoises,
conçues à l'origine pour éloigner naturellement l'eau des
façades.
NOTE D'INFORMATION :
Cet article est publié dans le cadre du droit à l'information citoyenne et contribue au débat
d'intérêt général relatif à la transparence publique et au respect des règles d'urbanisme.
Les observations et éléments partagés reposent strictement sur des pièces objectives,
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